Les Ogres de Barback : « Les festivals sont entrés dans un processus global de marchandisation »

Au festival la Nuit de l’Erdre, nous avions interviewé Deluxe (voir ici) mais pas seulement. Nous avons également rencontré Mathilde, membre des Ogres de Barback, l’un des groupes les plus emblématiques de la scène française. Retour sur ce moment privilégié.

Ouest Festival : Vous allez entrer sur scène à 19h, est-ce une pression supplémentaire d’ouvrir le festival ?

Les Ogres de Barback : Disons qu’on joue en plein jour donc c’est surtout ça qui change. Ca sera un peu moins visuel à la fin car normalement, ça se termine avec de jolies lumières.

Ouest Festival : D’ailleurs, après 25 ans de carrière, a-t-on toujours la pression quand on monte sur scène ?

Les Ogres : Oui bien-sûr et c’est pour ça qu’on continue. Si c’était la routine, ça fait longtemps qu’on aurait arrêté.

Les Ogres de Barback : « Les festivals sont entrés dans un processus globale de marchandisation » crédit : Nicolas Leboeuf

Ouest Festival : Vous venez de sortir votre nouvel album « Amours grises et colères rouges » mais pourtant, 25 ans après vos débuts, on retrouve les mêmes thèmes à savoir, les inégalités, l’intolérance, l’écologie… Ca ne fait pas mal au cœur de voir que le monde a peu évolué ?

Les Ogres : C’est sûr, ça montre qu’on n’a pas trop progressé. Dans nos chansons, il y a plus de réflexion qu’à nos débuts. Les textes étaient un peu plus brutes, on était plus jeune. Fred a écrit « Rue de Panam » quand il avait 15 ans par exemple. Forcément à 40 ans, il écrit des chansons un peu plus posées, plus réfléchies.

Ouest Festival : Sur ce nouvel album, on retrouve de nouveau la fanfare Eyo’nlé et Magyd Cherfi qui ont déjà participé à d’autres de vos projets, quel lien entretenez-vous avec ces artistes ?

Les Ogres : Pour la fanfare Eyo’nlé, c’est une grande rencontre humaine et musicale. Depuis qu’on les a rencontrés, on va au Bénin une fois par an et eux viennent régulièrement en France. Pour Magyd c’est pareil, c’est une grande influence pour nous, on a toujours adoré ce qu’il fait. C’est un peu notre grand frère. La chanson sur laquelle chante Magyd dans cet album (cf : « Il y a ta bouche ») a été écrite par Fred mais elle aurait pu être de Magyd car ça lui ressemble beaucoup.

Ouest Festival : On est très touché par les difficultés que rencontrent plusieurs festivals et la disparition de certains comme celui de Couvre Feu qui vous tenait à cœur, avez-vous des explications à ceci ?

Les Ogres : C’est quelque chose de global. C’est assez représentatif de l’évolution de la société. On est à l’heure de la marchandisation de l’école, des hopitaux et j’ai l’impression que pour les festivals c’est la même chose. Mais, il faut garder de l’espoir car quand tu créais un événement familial à échelle humaine, tu peux quand même exister à côté des grosses machines.

Ouest Festival : Et la chanson française, où se situe t’elle dans le paysage musicale actuelle ?

Les Ogres : C’est sûr que ce n’est pas ce qui est à la mode actuellement. Mes enfants écoutent des choses bien différentes. Mais on a tous eu des époques où on écoutait d’autres choses. Il ne faut pas désespérer, les jeunes aiment écouter de la bonne musique et apprécient quand il y a des paroles censées. Ils gardent une certaine sensibilité à tout ça, il ne faut pas perdre tout espoir.

Ouest Festival : Et vous quel est votre secret de longévité ?

Les Ogres : On est vrai tout simplement. On essaie de ne pas mentir, de travailler pour proposer de belles choses. On ne se moque pas des gens et on fait notre travail correctement.

Les Ogres de Barback : « Les festivals sont entrés dans un processus globale de marchandisation » crédit :

Ouest Festival : Pour les petits et grands enfants qui sont nombreux à se poser la question, quand va t’on réentendre Pitt Ocha ?

Les Ogres : On y travaille. On va certainement faire un 4ème album de Pitt Ocha et on commence à réfléchir à le mettre en scène. Nos enfants seront peut être trop grands pour aller le voir mais c’est dans nos projets. On va déjà finir cette tournée qui s’étale sur deux ans.

Ouest Festival : Enfin, notre dernière question concerne Frédo. On sait qu’il se prépare à courir le marathon de New York pour faire parler de la maladie de Crohn. Ou en est-il dans sa préparation ?

Les Ogres : Ce matin, il est parti faire du vélo et il est rentré à 15h. Il s’entraîne à fond. Je ne sais pas s’il va y arriver mais ce qui est sûr, c’est qu’il va tout donner.

On remercie Mathilde d’avoir répondu à nos questions. Les Ogres sont encore sur les routes donc n’hésitez pas à aller voir ce nouveau spectacle. N’hésitez pas non plus à soutenir l’association Stop Crohn’o en cliquant ici.

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