Une ambiance de grand soir au festival des feux de l’été.

On est allé en Vendée pour le retour d’un festival mythique, le festival des feux de l’été, qui fête ses 25 ans cette année. Malgré quelques saisons sans festival estival (avec tout de même une édition hivernale en 2017, les feux de l’hiver et des événements parallèles), la dernière remontant en 2016 avec des prestations énormes de Mass Hysteria ou du Bal des Enragés (entre autres groupes), le festival revient fort cette année avec une programmation bien pensée, sur une touche très rock globalement, beaucoup de valeurs sûres et un groupe qui a aussi annoncé son retour depuis quelques mois… Mais bon, je vais tout vous raconter!!

Le festival a commencé par un groupe que je n’ai pas pu voir à quelques minutes près… Le temps de faire la route pour arriver, ça a été trop juste, hélas. Le groupe d’ouverture était les Kavapunk. Déjà présent au Feux de l’hiver, j’avais pu découvrir ce groupe qui a fondé une setlist sur des compositions d’une part, et des reprises de punk rock d’autre part. Ils revisitent les Sales Majestés, Guerilla Poubelle, Les Trois Fromages, Les Sheriff… autant de formations qui ont pu les influencer et qu’on adore. Du coup, je n’ai pas pu découvrir ce qu’ils faisaient actuellement, mais je me rappelle d’un live qui m’avait fait une très bonne impression. Le choix de ce groupe local pour ouvrir le festival est plutôt intéressant, ça permet de se replonger très vite dans univers festif qui va nous porter le temps d’un weekend-end. Du coup, vous l’avez compris, je suis arrivé juste à temps pour le prochain groupe, le quatuor Américain des Nashville Pussy est en place… et je pense qu’il est important de préciser que le nom du groupe n’est pas en lien direct avec l’endroit d’ou ils viennent, le groupe étant de l’État de Géorgie et non du Tennessee où se trouve Nashville (c’est toujours bon de ressortir cette anecdote à un repas de famille !!). Les amateurs de hard rock vont être heureux ce soir. Du rock and Roll teinté d’accents hard rock et rockabilly qui , juste ce qu’il nous faut pour voyager et mettre l’ambiance. L’identité forte du groupe et le caractère qu’ils dégagent sur scène vont bien avec des paroles assez décalées qui sentent bon le sud de l’Amérique. Le live nous a donné chaud, en même temps, c’est un weekend-end où il va faire très (trop) chaud, il va falloir bien s’hydrater et profiter de l’interlude pour ça. A noter que les interludes justement, ont été assurés par les Bidons de l’An Fer, rappelant un style proche des Tambours du Bronx, et par Radio Pirate, un DJ qui passe des classiques de musiques de festivals globalement rock de ce que j’ai pu entendre.

On change d’ambiance avec, là encore beaucoup d’expérience sur scène, et un groupe qui a été créé depuis plus de 30 ans et le rock hyper décalé d’Elmer Food Beat… D’ailleurs, le festival a une ambiance très familiale,  beaucoup d’enfants ce qui est plutôt cool à voir avec les différentes générations se mélanger… Le groupe  Elmer Food beat, je conseillerais tout de même que vos enfants n’entendent pas toutes les chansons…  Daniela est le meilleur exemple, ils pourraient avoir pas mal de choses à vous demander par la suite, plutôt difficile à répondre. Le concert a tourné autour de leurs grands classiques, tel que le plastique c’est fantastique. Tout en faisant une part belle à leurs dernier album Back in beat sorti cette année, en interprétant par exemple la chanson ça c’est rock. Le groupe mené par Manou, le chanteur au style hors norme, lui qui a réussi à installer la mode de la casquette blanche à visière relevée (On a pu en croiser quelques-unes lors du festival) accompagné d’un short et d’un marcel. Bon après, il n’hésite pas à tout enlever pour se mettre en slip lors de ses lives, faut le comprendre il faisait hyper chaud pendant le weekend. En tout cas, encore une fois, le public a été conquis par le rock humoristique et sans filtre d’Elmer Food Beat.

©Morgane Guilbaud

On passe à un style assez différent, avec un groupe qui fait moins dans la dérision. On retrouve les  No One Is Innocent avec du rock beaucoup plus rentre dedans, que ce soit au niveau de la musique ou au niveau des paroles. Mené par l’infatigable et le virevoltant Kemar, le groupe sait y faire pour retourner le public distillant un rock puissant, électrique, et des textes tranchant sur des sujets engagés, que ce soit la politique, le racisme, la guerre, les attentats… avec des chansons fortes tel que Silencio, Kids are on the run… D’ailleurs, pendant cette chanson, j’ai eu tout le long un enfant qui se donnait à fond… la relève est assurée. Mais le dernier album est aussi bien fourni en pépite musicale avec A la gloire du marché, Ali (King of the ring), ou la chanson What The F***, sous le slogan « Make america insane again », on découvre un featuring avec Niko des Tagada (Sur l’album et interprété sur scène à ce festival). Le concert tire à sa fin, et il est passé à une vitesse folle. A suivre, les Tagada Jones qui s’installent. Ce n’est pas étonnant de retrouver les deux formations à suivre, avec un style musicale proche et 2 groupes qui se connaissent par cœur. Ils sont d’ailleurs à l’affiche d’une date sur Paris avec les Ultra Vomit pour un zénith le 2 Novembre! Les 3 groupes pouvaient ce soir, nous faire repenser au Hellfest de cette année, chacun ayant fait une prestation remarquée lors de cette fête de l’enfer.

Mais du coup, passons au Tagada Jones… ce groupe est à la musique, ce que le beurre salé est à la Bretagne (région d’origine du groupe), incontournable!! Pour définir le style du groupe, il est assez difficile de le dire, je le qualifierais de punk rock, avec des accents métal. Sachant que quand on réécoute les anciens albums de Tagada, on peut voir à quelle point le style du groupe à évolué et s’est renouvelé. Tout comme les No One, c’est un groupe qui ne prend pas de pincettes dans l’écriture, et c’est ça qu’on aime. Bien sûr, c’est un groupe qui dénonce les dérives de la société actuelle, ce que l’on peut voir dans les médias notamment, avec une pointe d’amertume en fil rouge, mais sans non plus avoir une vision fataliste, bien au contraire. Ils prônent une société qui se bouge, une jeunesse qui ne baisse pas les bras, une acceptation de la différence. Ajouté à ça, un show bien huilé sur des riffs dément et un rythme à couper le souffle, vous ne pourrez que pogoter en live sur Karim et Juliette, Tout va bien, Je suis démocratie, Vendredi 13 ou encore Cargo (ça faisait longtemps que je l’avais pas entendu en live, celle-la, ça fait plaisir.). A noter que le festival a été organisé conjointement avec Rage Tour créé par des membres de Tagada et qui organise pas mal d’événements et qui font à chaque fois carton plein, comme quoi Punk rock is not dead, loin de là!! Niko portait le tee-shirt du festival le Megasound fest, si vous êtes dans le coin du Maine et Loire, allez voir la prog, je suis sûr qu’elle peut vous plaire!

©Morgane Guilbaud

La soirée est bientôt terminée (En tout cas les lives), avec un groupe emblématique du mouvement punk et ce depuis 1981. Et même si la formation a changé ces dernières années avec entre autres Yves, chanteur depuis 2015 suite au départ d’Arno Futur, on retrouve la Rage sur scène qui a fait le succès du groupe. C’est sur que vous avez déjà entendu Camarade  ou PP Haine, devenu quasiment des hymnes pour représenter Les Sales Majestés et définir ce style punk sans filtre. La sphère politique prend un taquet avec Sois pauvre et tais-toi, tandis que la violence faite au femmes est dénoncée avec la chanson Tous les jours. On peut d’ailleurs retrouver des similitudes sur beaucoup de sujets abordés par Tagada, No one et Lsm, mais l’intérêt, c’est que pour un même sujet, l’approche est différente, notamment par l’angle d’approche traduisant le ressenti des auteurs, ce qui peut faire que les groupes peuvent être complémentaires dans une programmation sans pour autant se parasiter, les identités étant tellement fortes sur l’univers, d’un point de vue de l’écriture ou encore sur l’instrumentale. En tout cas, ce soir, il n’y a pas à dire, en refaisant le tour de pas mal de succès du groupe, ils ont su faire bouger la foule. Au vu de la prestation, ça ce sent que pour eux, ce n’était pas le dernier combat!!

La première soirée est finis et elle est passée à une vitesse folle. C’est là qu’on voit qu’on a plus 20 ans quand il faut tenir toute une soirée avec ce genre de groupe mais qu’est-ce que c’est bon! On rentre au camping, encore une bière et au lit. il fait toujours très chaud, pas la peine d’espérer être réveillé par une petite brise matinale demain! Mais on va pas se laisser abattre par la chaleur, le petit lac juste à côté du festival sera le point de rendez-vous de pas mal de festivalier pour pouvoir piquer une petite tête, avec en prime les balances des groupes pendant l’après-midi du Samedi.

©Morgane Guilbaud

Après une après-midi très calme, chaque mouvements donnaient chaud donc autant glander, on repart pour le festival, en arrivant un peu avant les 3 fromages. Les premières notes commencent, c’est parti pour un live déjanté avec du rock’n’drôle. Les trois fromages, c’est avant tout un univers plein d’humour pour un rock particulièrement sur-vitaminé et une relation privilégiée avec le public… Ils invitent même une jeune dame sur scène pour qu’elle puisse être au première loge d’un morceau. Pour vous la présenter, elle s’appelle Gilberte avec une voix proche … d’un camionneur ( pas d’inquiétude, c’était une voix enregistrée et ce n’est pas son vrai prénom) mais en tout cas, c’est une bonne occasion pour jouer je te trouve tellement jolie, une chanson à la gloire de toutes les grands mères.. Bon après, il y a un concept que je comprends pas, et qui n’est vraiment pas sérieux même pour eux, ils s’appellent les 3 formages et sont 4 sur scènes, on peut se poser quelques questions!!! C’est comme si les 3 cafés gourmands ou encore Tryo était plus que trois… bref changeons de sujet. Pour faire une petite transition sur Tryo, les 3 fromages ont fait la chanson Babos à la playa en citant un pote s’appelant Guizmo, est-ce un hommage déguisé? En tout cas, le groupe on fait du second degré, une marque de fabrique tout autant qu’une certaine folie sur scène… que dire qu’encore une fois, leurs prestation était géniale.

©Morgane Guilbaud

On a pu retrouver sur scène avec les trois fromages, un featuring de 2 membres des fatals picards pour Bb Rocker ce qui est parfait pour introduire le prochain groupe …Enfin, depuis le temps qu’ils tournent sur les scènes de la France avec leur fantaisie délirante, on ne les présente plus ! Les fatals picards continuent de faire flamber la foule avec leur dernier album Espèces menacées  sorti en 2019 suite à un Crowdfunding. Le groupe ayant bien pris en compte l’intérêt de ce mode de financement, plusieurs de leurs derniers albums ont pu être financé comme ça et leurs base de fans a pu répondre présent d’une belle manière. On passe d’un rock’n’drôle avec un show encore très décalé, par les chansons, mais aussi les innombrables blagues qui sont un peu la marque de fabrique du chanteur Paul. Même les blagues qui seraient nulles faites par un autre, lui arrive à vous faire rire, un vrai talent!! Le quatuor offre toute son énergie pour vous offrir un spectacle de folie sûr un style qui évolue d’album en album, le live permettant d’apprécier cette évolution, en passant par Punk à chien ou le Combat ordinaire, à Elle est pas belle la vie, Punk au Liechtenstein, le Reich des licornes et Béton armé, une des petites nouvelles de l’album de 2019. Sans oublier la petite surprise de voir les 3 Fromages venir chanter avec eux à la fin du concert… et non, même si vous vous y attendiez, ce n’était pas pour leur chanson en commun A l’amour a l’Armor.

Le grand soir (ou weekend-end) est déjà bien entamé et comme la fait remarqué le guitariste des Fatals Picards , la température à bien chuté pendant cette soirée, c’est pas plus mal. L’instant est important avant le retour d’un groupe phare de la scène française, 7 ans après des adieux émouvants au Chabada d’Angers… Bon, c’est bien d’écouter Souviens toi 2012, avec une pointe de nostalgie mais c’est quand même tellement mieux d’apprendre que la Ruda revient et de pouvoir les voir en live. Après une intro musicale, le chanteur arrive, c’est bon, on a oublié les 7 ans de pause, dans la vapeur et le bruit ce weekend a des allures de grand soir. Le chanteur arrangue la foule, sa façon de parler me fait penser aux speaker américain qui présente sur le ring, le prochain combat de boxe. Le doigt pointé vers les étoiles, l’itinéraire est fixé, nous sommes parti vers la félicité avec La trajectoire de l’homme canon. Du détective au prisonnier, de l’amoureux au contestataire de l’économie, d’une critique de la guerre à l’hommage, l’univers de la Ruda est riche, dense porté par une formation très rock, la puissance cuivrée (trombone, trompette, saxophone) et le chanteur Pierre Lebas qui nous porte de sa voix captivante. Au final, à voir le sourire des musiciens, on sent que le retour sur scène leur fait autant de bien qu’à nous, plus qu’à espérer que L’art de la joie ne sera pas que le temps d’un été!

Autre groupe, autre ambiance, et pour le coup on passe sur du métal! On parlait de retour pour la Ruda, ça nous a fait le même effet quand Ultra Vomit a sorti un nouvel album, 9 ans après le dernier… Et ça valait le coup d’attendre un peu ! Rien qu’à prendre en compte le succès de Kammthaar qui est à plus de 4 millions de vues sur Youtube, les prestations à chaque fois démente du groupe, et les avis unanimes que l’on peut entendre sur eux (en tout cas, j’ai pas entendu beaucoup de critique de mon côté), Le groupe surfe sur un succès bien mérité. En même temps, Ultra Vomit est un ovni dans l’univers musicale lorsqu’on voit qu’ils sont capable de prendre les paroles de Face à la mer (Calogero), et l’univers musicale de Vacuity (Gojira), c’est osé… et énorme!! En live, c’est un condensé de pépite musicale de ce genre, notamment Un Chien Géant s’inspirant de Tagada Jones… et un feat avec Niko!! Et les anciens succès du groupe sont aussi bien mis en avant Je collectionne des canards (vivants), Boulangerie pâtisserie ou encore Je ne t’ai jamais autant aimé. Le Heavy Métal parodique du groupe, mêlée à une qualité technique et les nombreuses touches d’humour tout le long du live (Manard le batteur était particulièrement inspiré ce soir! ) ont permis une nouvelle fois de tout retourner ce soir… Et c’est pas le gars que j’ai du sortir de la foule parce qu’il se sentait pas bien qui dira le contraire, bien que ce n’était pas forcément des symptômes d’un live qu’il avait. Peut-être un coup de chaud trop important?… Bon, j’arrête d’être naïf.

©Morgane Guilbaud

Plus qu’un live pour un weekend, déjà très réussi, et Cachemire n’est pas du genre à décevoir, au contraire. Malgré le fait d’être le dernier groupe et une très légère pluie qui commence à tomber, une belle foule est là pour assister à la prestation des 4 rockeurs. Après Ultra vomit et leur prestation dingue, il faut réussir à tenir la route pour puiser dans l’énergie qu’il reste au public, et à ce niveau Cachemire sait faire le taf en distillant son rock avec une énergie contagieuse. Les chansons sont énergiques, bienveillantes, provocatrices, décalées, avec 2 albums à leurs actif, Cachemire a su proposer des morceaux variés que ce soit sur les thèmes ou l’interprétation, ce qui donne des albums très complet. Ils savent aussi manier un ton plus mordant avec Sainte paroles, être très critique sur la politique avec la veste ou permettre une prise de recul avec Qui est la punk tout en restant sur un style très familiale, (Même si vu l’heure, les enfants sont couchés). Pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité de venir au festival des feux de l’été, le rendez-vous est pris pour les Breizh Folies (et Mass Hysteria avec qui ils vont partager la scène).

L’édition porte à sa fin sur un plateau exceptionnel sur 2 jours qui met le retour des festivals des Feux de l’été sous de bons augures. La chaleur a pu être par moment pénible à gérer, mais ça n’a en rien altéré la qualité des prestations de chaque groupe qui se sont donné au maximum. La barre est placée haute pour cette édition anniversaire, on fait confiance au festival pour nous proposer encore de belles surprises l’année prochaine.

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