Au Foin de la Rue : dans la force de l’âge

Comme on n’a pas tous les jours 20 ans, on se doit de bien les fêter le jour J. C’était le cas Au Foin de la Rue ce premier week-end de juillet. Retour sur cet évènement chargé en rencontres musicales et humaines.

Vendredi 5 juillet

Le week-end a démarré pour nous par les interviews de Mendoza Orkesta, Odezenne et Worakls que vous retrouverez bientôt sur notre site. Une fois ce travail effectué, on est retourné au camping pour aller voir comment le public se chauffait et pour y retrouver des amis de longues dates. C’est aussi ça le Foin de la Rue, l’occasion de retrouver chaque année des amis d’enfance.

C’est à 22h que nous entrons sur le site, ou plutôt dans le cirque si on s’attache au thème de l’année. Odezenne entre tout juste sur scène pour nous envoyer ses poésies chantées. Les bordelais nous content des histoires du quotidien, des petits tracas de la vie, des choses qui nous révoltent… Leurs textes nous rappellent forcément des situations que nous avons nous même vécues. Loin des clichés du rap classique, Odezenne a créé sa propre marque de fabrique. Sur de belles mélodies, les flows se veulent tranchants. Après une première demi-heure plutôt calme où on se laisse agréablement bercer, le public se chauffe et arrive de plus en plus nombreux pour venir chanter sur « Vodka » et « Je veux te baiser ». Enfin, c’est clairement le feu sur le titre « Buche » et son fameux refrain « J’ferais du saut à ski sur la gueule d’un C.R.S» .

Au Foin de la Rue : dans la force de l’âge 2

Changement de scène et d’ambiance quand on passe la couloir. C’est maintenant plus latino avec Orkesta Mendoza. Même si le groupe est né aux USA, ce sont ses racines mexicaines qu’il met en avant dans sa musique. Avec à la manœuvre, Sergio Mendoza du groupe Calexico, les musiciens envoient de la cumbia tintée de rock, un mélange cuivré qui sent le soleil caribéen. Ce coktail musical énergique ne laisse pas de marbre. Par leurs costumes et leur musique, les membres d’Orkesta Mendoza ont montré toute leur classe.

Vient le tour d’un orchestre plus classique, c’est celui qui accompagne Worakls pour un projet grandiose mêlant musique classique et musique électronique. Très vite, on comprend que ce live va nous envoyer très loin. Dans son écrin rouge, Worakls guide le tempo avec des beats techno accrocheurs pendant que la vingtaine de musiciens qui l’accompagne nous saisit et nous transporte au dessus du ciel étoilé de Saint-Denis-de-Gastine. Nos pensées se laissent guider par la musique et on lâche totalement prise pendant prêt d’une heure et demi.

Après ce beau live, on ressent le besoin de faire une petite pause dans un des nombreux bars puis on file assister à la fin du concert de Systema Solar. C’est à cet instant qu’on prend notre plus grande claque du week-end. Dans leurs tenues bariolées, les colombiens ont leurs batteries chargées à bloque et comptent bien vider les nôtres. Le mélange est loin d’être commun par chez nous. Sur une base électronique psychée, on peut écouter des mélodies cumbias ou africaines et un chant oscillant entre hip/hop et chanson traditionnelle. Bref un melting pot étonnant qui nous retourne le cerveau.

Pour les plus énervés, la soirée se termine avec Carpenter Brut. Comme on en fait parti, on va assister à la fin du concert. Et heureusement qu’on en a encore sous la semelle car ça envoie sévère. Accompagné par deux musiciens, le producteur français reste bien caché derrière son clavier et par des lumières stroboscopiques. L’énergie rock alliée au son métallique du synthé créés une atmosphère à la fois froide et réconfortante.

C’est ainsi que se termine cette première soirée. Le programme était vraiment bon et on est un peu triste d’avoir vu si peu de monde. 

Au Foin de la Rue : dans la force de l’âge 3

Samedi 6 juillet

Le samedi après-midi, nous avions prévu d’aller passer un après-midi farniente à l’étang entre jeux et spectacles, mais c’est finalement sur le parking et entourés de festivaliers que nous sommes restés. Il faut dire qu’on avait de quoi s’occuper avec les piscines, le palet, le ventreglisse et la compagnie des Michel. On en a profité pour demander aux festivaliers ce qu’ils avaient aimé la veille. Comme pour nous rappeler qu’il fallait être là dès l’ouverture des portes, c’est Calypso Rose qui est ressortie bien souvent.

On ne retient pas les leçons puisque c’est de nouveau à 22h que nous entrons sur le site. Au loin, nous entendons déjà la « Coccinelle » entonné par Dionysos. On avait peur que Mathias Malzieu ait perdu de son énergie après une interruption pour des problèmes de santé mais on a vite compris qu’il n’en était rien. Dans la fosse, ça jump dès le début du concert. Le calme redescend ensuite quand le groupe présente des extraits de son prochain album « Une sirène à Paris » accompagné par le collectif « Les mains baladeuses ». Un petit « Ta Gueule le chat » repris en choeur et c’est reparti à 100 à l’heure pour la fin du concert avec notamment l’indémodable morceau « Song for Jedi ». C’est dans le public et sur une reprise de « We can be heroes » que Mathias Malzieu vient clôturer ce concert électrique. Le rock français n’est pas mort, loin de là.

Comme nous avions passé beaucoup de temps devant la scène B la veille, nous mettons la priorité sur le chapiteau ce soir. C’est Péroké qui vient nous bercer avec des morceaux house/world. Un set voyageur bien équilibré qui laisse présager un bel avenir au duo tourangeau. C’est aussi l’occasion de goûter la bière artisanale vendue sous le chap.

Ce sont ensuite des habitués du Foin de la Rue qui entrent en scène. Les Svinkels viennent pour la troisième fois diffuser leur rap and rock humoristique ici. Si le public était pour notre plus grand plaisir très nombreux sur Dionysos, on sent alors une net baisse sur le concert de Gérard Baste et de ses comparses. Nous aussi, on a du mal à accrocher et à entrer dans la dynamique que le groupe essaie d’instaurer. On choisit donc d’aller se ressourcer sous le tonneau autour d’un verre de vin. On regrette qu’il n’y ait pas un concert à la guinguette en même temps.

Qu’importe puisque le concert à la guinguette démarre très vite. On ne pensait pas forcément y rester mais l’ambiance est démente ici. Sur scène, les joyeux lurons de Parpaing Papier sont en grande forme pour leur troisième passage de la soirée. On est surpris de reconnaître l’un des régional de l’étape en la personne de Martin du groupe punk Kiemsa. Il ne s’est pas adouci depuis la fin de cette aventure et continue de jumper partout comme à la belle époque. Une énergie rock cuivrée démente qui retourne la foule jusqu’au tonneau. Comme chaque année, la guinguette nous a maintenus prisonniers durant 2 heures. Et même si beaucoup de festivaliers nous ont dit avoir adoré l’Entourloop, on ne regrettera pas cette expérience.

Il est déjà 2h30 quand résonnent les premiers beats sur la scène A. Vitalic et Rebekka Warriors sur la même scène pour un même projet, pour rien au monde on ne raterait ça. Kompromat, c’est le nom de ce duo délirant qui met en avant la langue allemande et la techno minimale. Les danses de Rebekka et l’ambiance lumineuse nous mettent dans l’ambiance mais la techno produite par Vitalic peine à nous convaincre. Il est difficile de voir un producteur de génie se contenter de passer des sons d’une telle simplicité. Mais c’est l’ADN et l’énergie de ce projet donc il nous faut accepter ou oublier que c’est lui derrière les machines. On apprécie tout de même la reprise de « La Mort sur le Dancefloor » et on laisse de coté notre déception pour bouger sur les derniers morceaux.

Nous finissons notre soirée au bar des bénévoles jusqu’à 6h du matin. L’ambiance y est très conviviale comme sur le festival. On y a rencontre donc plein de gens super cools.

Au Foin de la Rue : dans la force de l’âge 4

De nombreux festivaliers nous ont parlé d’un manque de « têtes d’affiche ». Pour notre part on a apprécié l’équilibre dans la programmation. Au lieu d’avoir 3 têtes d’affiches qui passent partout, nous avons vu de nombreux beaux noms (Dionysos, Worakls, Odezenne, Calypso Rose, Kompromat…) et surtout nous avons fait de très belles découvertes.

Un grand merci à toute l’équipe du festival et à tous les bénévoles pour l’accueil. Chapeau à tous. On vous dit à l’année prochaine pour les 21 bougies. Bon vent à Bastien qui se chargeait de l’accueil des médias et qui part voler de ses propres ailes.

Crédit photos : Nico.M (source Facebook)

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