La Nuit de l’Erdre 2019 : Chaud et shows

La semaine dernière, nous étions à la 21eme édition du festival La Nuit de l’Erdre, non loin de Nantes. Des grands noms de la chanson et du rap francophone y été programmés. Retour sur ces trois jours chauds bouillants.

Vendredi 28 juin

Il est tout juste 16h quand on arrive et c’est le branle-bas de combat chez les bénévoles car le site ne va pas tarder à ouvrir ses portes. Si on arrive aussi tôt, c’est pour réaliser l’interview des Ogres de Barback que vous retrouverez bientôt sur notre site.

Nous sommes d’ailleurs présents pour écouter les premières notes jouées par la famille Burguieres. On entend mais, c’est curieux, il n’y a personne sur scène. A la fin du premier morceau, on s’aperçoit que les musiciens sont en fait, sur celle à coté. La physionomie du site a changé et on s’est bien fait avoir. Ca fait 25 ans que nos amis de région parisienne tournent en concert donc leur set est totalement maîtrisé. S’ils sont là ce soir c’est pour nous présenter leur dernier album « Amour grise et colère rouge », un disque à l’image de leur carrière à savoir engagé, mélodique et avec une pointe d’humour. Mais, les Ogres n’oublient pas non plus de réciter leurs vieux classiques indémodables comme « Rue de Panam » que le public connaît désormais par cœur. Étaient présents également sur la scène, leurs amis béninois de la fanfare Eyo’nlé et une autre musicienne à la cornemuse. Tout ceci pour apporter un peu plus d’instruments à un cocktail musical déjà plein d’énergie.

Comme, on a rencontré de très sympathiques bénévoles sur le parking invités, on s’octroie une pause pendant le concert de Roger Hodgson. Malheur à nous car de nombreux festivaliers nous avouent avoir passé un super moment devant le chanteur de Supertramp.

Retour sur le site pour l’arrivée de l’élégante et charismatique Clara Luciani et sa voix de velours. Véritable révélation des deux dernières années avec son album «Sainte Victoire », la provençale nous emporte rapidement dans son univers. On se laisse envoûter avec un début de set plutôt doux (à l’exemple du titre « Drôle d’époque interprété seule sur scène) puis, petit à petit, nos pieds commencent à bouger sous les notes pop/disco. Enfin, après « Sur la baie », le tube « La Grenade » – repris en choeur par l’ensemble du public – vient clôturer le concert en apothéose.

Vient l’heure de l’artiste le plus attendu par les jeunes présents aujourd’hui. Nekfeu est l’une des étoiles du rap français depuis son arrivée dans le milieu au sein des collectifs S’crew et 1995. Depuis cinq ans, c’est en solo qu’il roule sa bosse avec toujours plus de succès. On s’attendait donc à voir du lourd mais malheureusement, nous avons été globalement déçu par sa prestation. En cause, une prononciation incompréhensible qui ne nous a pas facilité la tâche pour comprendre les paroles de son dernier album. On regrette également le nombre trop important d’invités. Un invité ou deux c’est cool, mais, quand l’artiste qu’on vient voir chante une chanson sur deux, c’est frustrant. Quel dommage car Ken avait de l’énergie à revendre et le public était déchaîné dans la fosse.

On poursuit avec une nouvelle pépite du rap francophone avec Roméo Elvis qui vient présenter son premier album « Chocolat ». Si cet album est décevant car il manque d’originalité, d’engagement et de poésie dans les textes, on sait qu’en live, le belge à l’habitude de tout donner. C’est encore le cas ce soir. L’énergie qu’il déploie est dingue. Comme d’habitude, il finit très vite torse nu et entre en contact avec le public. En milieu de concert, il fait un peu redescendre la pression en interprétant « J’ai vu » et « Tout oublier » chantées à l’origine avec sa sœur Angèle. A la fin, il reprend des classiques de ses premiers Ep’s comme « Bruxelles arrive » et le « Motel ». Le public s’en donne alors à cœur joie et lâche ses dernières forces dans les pogos. L’égocentrisme du rappeur belge est parfois horripilante mais une chose est sûre, c’est une bête de scène.

Bon nombre de spectateurs désertent le site et n’assisteront pas au dernier concert qui est pourtant tête d’affiche du festival. On parle bien sûr du duo Disclosure. On avait un peu peur en voyant que les britanniques venaient pour un DJ set mais, on a vite pris du plaisir à écouter des sons House bien funkys. Nous nous sommes dandinés comme cela pendant un peu plus de la moitié du set avant que le duo ne lâche les manettes et se contente de diffuser ses tubes. Ce qui fait le bonheur du public, notamment à la fin pour « You and me ». Pour notre part, on préférait le mouv’ du début.

Fin de la première journée caniculaire de la Nuit de l’Erdre. 

La Nuit de l’Erdre 2019 : Chaud et shows 2

Samedi 29 juin

Comme toujours, les festivals sont l’occasion de belles rencontres et la journée passe très vite à l’ombre des arbres bordant le plan d’eau. 

On ne veut pas rater une miette du concert de Gaëtan Roussel donc on prend place dans le public aux alentours de 19h. Le chanteur de Louise Attaque a de l’expérience dans ses bagages donc on a hâte de (re)voir son live. Entre deux morceaux de ses albums en solo, il revient deux fois en arrière en reprenant « Ton invitation » et « Léa » que les plus anciens connaissent sur le bout des lèvres. L’énergie est très positive malgré des paroles parfois mélancoliques comme sur « Help myself ». C’est avec une casquette américaine visée sur la tête que Gaetan Roussel terminera son concert sous un soleil de plomb.

Comme d’habitude ça enchaîne très vite d’une scène à l’autre avec l’arrivée d’Eddy do Pretto. Avec son allure et ses paroles tristes, on ne peut qu’être attaché au chanteur belge. Ses textes engagés et révoltés en faveur de la cause LGBT viennent toucher un public déjà très nombreux. La scène se rétrécit et on trouve de l’intimité quand Eddy vient en bord de plateau nous chanter sa poésie. A l’inverse, on a envie de tout casser lorsqu’il interprète « La fête de trop » pour terminer. Malgré la présence d’un unique musicien, Eddy do Pretto assure un bon show par sa prestance.

Ils sont nombreux et de toutes les générations à attendre le concert de Dub Inc. Les stéphanois tournent depuis plus de 20 ans avec comme clé de leur réussite, des paroles engagés et des voix qui sortent de l’ordinaire. Ils entonnent très rapidement leur titre « A travers les vagues » sorti en février dernier avec la collaboration de nombreux autres artistes. Mais comme souvent, Dub Inc ressort les vieux classiques et s’appuie sur les titres qui ont fait la réussite de leurs débuts. Le public est dedans durant tout le long et s’extasie sur « Murderer », « Rude Boy », « Jump Up »… Dub Inc enchaîne les festivals d’années en années sans réellement changer grand-chose. Performance ou facilité ? On vous laisse juger.

Dub Inc laisse donc un public bien chaud à Bigflo et Oli. Ces derniers ne se font pas prier pour en profiter et garder l’ambiance au plus haut. Multipliant les allers/retours sur scènes et passant d’un flow à l’autre, les deux frangins régalent la jeunesse présente pour les écouter. Que ce soit en reprenant des morceaux de l’album « La vraie vie » comme « Papa » ou de leur dernier album « La vie de rêve » comme avec le titre « Sur le lune », les toulousains proposent un concert sur un rythme constant. Ils n’ont pas hésité à inviter Gaëtan Roussel pour venir chanter en choeur avec le public, le morceau « Dommage » . Dans un décor rappelant leurs origines, les toulousains ont assuré une belle prestation et nous ont présenté un rap plus doux que celui de la veille.

Le site se vide d’un coup mais la soirée continue pour les plus motivés puisqu’Editors entre sur scène. Le groupe de rock britannique est l’un des gros noms de l’affiche du jour et ce n’est pas anormal puisqu’il tourne depuis une vingtaine d’année. Même si l’ambiance n’est pas au plus haut, on se laisse guider par la voix sublime de Tom Smith et les musiques hypnotiques proposées par le quintet. C’est un véritable voyage que l’on vit pendant un peu plus d’une heure.

Le voyage ne s’arrête pas là puisque Bon Entendeur débute son set sur la scène à coté. Si leurs morceaux sont d’ordinaire assez chill, en live, ils deviennent vite accrocheurs. Le duo envoie par moment des gros kicks pour accompagner des mélodies planantes, ce qui forme un set complet entre rêveries et légers tapages de pieds.

Fin de ce deuxième jour. Encore une fois, ce fut intense et nous ne sommes pas malheureux d’aller retrouver notre maison mobile sur le parking des invités

La Nuit de l’Erdre 2019 : Chaud et shows 3

Dimanche 30 juin

On n’a plus 20 ans, la fatigue et les courbatures se font ressentir mais, on ne lâche rien et on repart à l’attaque après avoir passé un après-midi chargé en belles rencontres.

Quand on arrive sur le site pour voir Hubert Felix Thiefaine, les plus anciens sont en première ligne pendant que les nombreux enfants attendent le reste de la programmation à l’arrière. Le rockeur reste bien loin de l’agitation médiatique mais en est tout de même à 40 ans de carrière. Ses textes sont touchants et les frissons sont toujours là quand il entonne sa chanson pleine de nostalgie « La Ruelle des morts ». Hubert Felix Thiefaine, c’est également un accompagnement musicale grandiose avec de très nombreux musiciens présents sur scène. Tout le monde chante lorsque commence les premières notes de l’intemporel refrain de « La fille du coupeur de joints ». Comme Higelin et Bashung, H.F Thiefaine c’est la grande classe.

Changement de cap total pour le prochain concert car ce sont les moustachus de Deluxe qui font leur apparition. On a beau les avoir vu de nombreuses fois, on ne se lasse pas de se déhancher sur leurs titres ultra funkys. Ils sont tous branchés sur du 10 000 volts. Les mecs nous transcendent avec leurs instrus à vent pendant que Liliboy nous saisit avec sa voix peu banale. Du funk, du jazz, du hip/hop, de l’électro, Deluxe c’est un mélange d’influences. Les aixois nous présentent quelques morceaux de leur nouvel album et on s’éclate toujours autant sur les plus anciens notamment sur l’excellent tube « Daniel ». Comme d’hab, le concert se termine par une photo acrobatique. (Retrouvez prochainement notre interview du groupe sur notre site Internet.)

Deluxe a mis la barre très haut et c’est à Boulevard des airs d’assurer la suite maintenant. Les familles sont très nombreuses sur le site pour assister à ce concert. Avec des textes joyeux parfois touchants ou un peu engagés, BDA est devenu un des groupes emblématiques de la nouvelle scène française depuis les années 2010. Les mélodies sont entêtantes et les refrains entrent vite en tête comme sur « Emmène moi » ou « Demain de bon matin ». Le public se retrouve donc vite à chanter et les enfants à faire danser leurs bras en l’air. Le groupe fait ce qu’il a l’habitude de faire, à savoir; apporter de la bonne humeur. Mais maintenir l’énergie et la folie apportées par Deluxe n’est pas chose aisée.

La fatigue devient trop importante et nous décidons de faire l’impasse pour le concert de Soprano. En espérant que vous ayez apprécié.

Ainsi s’achève notre séjour de 3 jours et 3 nuits à Nort-sur-Erdre. Le soleil était au rendez-vous au point de devoir se faire arroser pour ne pas s’écrouler. L’organisation a fait un super travail. Le site est adapté au nombre de spectateurs et nous n’avons jamais attendu pour recharger à la banque ou commander au bar. Hormis les toilettes féminines où l’attente avait l’air importante, tout était parfait. On a adoré la mixité des âges tout au long du week-end, ça donne une ambiance très conviviale (l’espace famille est une idée géniale). Niveau concert, nos coups de cœur iront pour Les Ogres de Barback, Clara Luciani, Editors et Gaëtan Roussel. Coté déception, on notera le concert de Nekfeu.

Un grand merci à l’organisation du festival pour son accueil. Une grosse pensée à tous les bénévoles qui s’impliquent avec beaucoup de bonne humeur pour permettre au(x) festival(s) de se dérouler de la meilleure des manières :).

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