Banane Metalik : « On a voulu associer un univers visuel et rock’nroll »

©BM

Ouest festival : On commence gentiment, d’où vient le nom Banane Métalik, les déguisements, l’inspiration ?

Ced : Alors le nom Banane Métalik vient d’une bande dessinée de la fin des années 80 de Franck Margerin qui s’appelle « Bananes métalliques » et de l’univers du film « Orange Mécanique » avec son mélange d’ultra violence. C’était une façon d’associer l’univers cinématographique avec cette bande dessinée qui parlait des tribulations des punks, des rockeurs et tout ça. C’était un nom trouvé adolescent. J’étais aussi amateur de film d’horreur et un des premiers disques achetés par ma grand-mère était un album de Kiss. Ça m’a donné envie d’associer un univers visuel et Rock & Roll d’où l’idée du maquillage. Le but c’est d’en avoir pour ton argent. Les yeux, les oreilles, t’as une bande de zombies, de macchabées en train de jouer, t’as comme une espèce de bande sonore à base de Rock &Roll déjanté sur scène avec l’envie de transfigurer et de véhiculer un sentiment contagieux de rage collective, d’hystérie de folie mais dans le bon sens du terme. La fiesta avant tout. Voilà pour la petite histoire.

OF : Vous venez sûrement d’horizons différents avec un style que vous définissez comme gore &Roll. Comment s’est formé le groupe?

Ced : Quand j’avais 18-19 ans, je traînais dans pas mal de concerts, de punk-rock, de Psychobilly, Ska, Hardkore, Métal et sur ces concerts là j’ai rencontré des musiciens. Le hasard a voulu qu’il y en ait un qui ait une contrebasse. On a voulu faire du Rock & Roll avec une contrebasse, deux guitares électriques. Faire une formule un peu punk-rock mais aussi avec des bases de Rock & Roll (garage, psycho, etc), toutes ces choses-là. Au fur et à mesure des années, ça a mûrit. Il faut savoir qu’on a arrêté de 94-95 jusqu’à 2003. Donc finalement la formation a bien changé. Quand on est revenu en 2005, et comme j’en avais marre des étiquettes de tout genre vu qu’on avait une contrebasse, j’ai décidé de jouer à la théorie du cheval de Troie. C’est à dire qu’à force de se fabriquer nous même une étiquette et de la marteler, le Gore & Roll, elle avait au moins le mérite de nous correspondre plutôt que tout ce qu’on pouvait entendre… Donc voilà c’est de là qu’est venu le Gore & Roll, un univers à la base visuelle et musicale. D’où l’exposition que l’on a monté (Le 14/09/2018 au Jardin Moderne à Rennes) et qui retrace notre histoire à travers les illustrations, les photos, etc.

OF : Je rebondis sur la contrebasse, en concert tu as un message à destination de ceux qui pourraient critiquer le groupe…

Ced : Ce n’est pas vraiment qu’ils critiquent le groupe, mais plus que certains l’enferment dans une espèce de carcan figé…Tu vois ce soir, on joue quelques morceaux avec une basse également, le but c’est vraiment d’être libre dans ce qu’on fait. Alors quand des gens veulent t’imposer des limites en termes de création artistique, il n’y a rien de pire. Tu fais de la musique pour être libre Bordel! (rire). Au final, la liberté de création est importante et il y a toujours des maîtres penseurs qui viennent te dire ce que tu dois faire ou non. Le message sur scène est pour tous, Punk, Métalleux, Psychos, etc., tant que la personne se retrouve dans notre musique. D’ailleurs, on joue souvent à l’étranger et les gens n’ont pas forcément besoin d’avoir une classification ou une étiquette. On est là juste la bande de français avec un univers cool et un show bien vénère. Notre marque de fabrique c’est surtout nos concerts et notre univers tu vois.

OF : J’allais y venir d’ailleurs, l’énergie sur scène… ou en dehors… on te vois souvent en dehors de la scène au final (rire) cette énergie fait totalement partie de l’identité du groupe?

Ced : j’aime sentir l’énergie des gens au plus près de moi. Ça fait longtemps que je fais de la musique, c’est un moyen d’échanger avec le public pour ressentir qu’il se passe quelque chose. Mais moi je veux absolument avoir le sentiment d’avoir la chance de vivre de ma passion. Survivre suivant les périodes (rire). Sur scène, je me dis que je vis quelque chose de débile, avec un masque, maquillé, on est plus en train de se fendre la gueule, de danser dans tous les sens, c’est cool. J’ai besoin du public, je joue pour les gens et pour partager quelque chose. D’ailleurs, il est parfois déplorable de voir des groupes qui jouent, sans un mot avec le public… il ne s’est rien passé. Je ne comprends pas ça, ça me dépasse souvent… Sauf si c’est le délire du groupe, si t’es dans une scène gothique, un truc glacé, voila. Mais quand tu sens que c’est vraiment que pour l’argent… Ça ne le fait pas vraiment.

©BM

OF : Pour en revenir à la formation, on a pu entendre qu’il y avait des changements dans le groupe?

Ced : Ouais il y a du changement, on a de la chair fraîche, du sang neuf. On a des nouveaux membres, après c’est classique chez les musiciens. Après la quarantaine, il y a des changements dans la vie familiale, plus la même motivation, d’autres priorités, il faut savoir se remettre en question et se dire que le groupe ne peut pas continuer comme ça dans le sens où faut pas forcer des gens à continuer. Il n’y a rien de pire pour le public tu vois, tu sens qu’il n’y a plus la niaque. On a un nouveau contrebassiste (Jimmy) et un nouveau guitariste (Med). Nous on a l’expérience Banane avec les anciens membres, Boris (guitariste) et Greg (batteur), les nouveaux nous amènent une nouvelle fougue. Cette énergie est positive pour le groupe. Parfois au bout de très nombreuses années dans un groupe, tu peux être un peu blasé, «oh on retourne jouer aux États Unis, on retourne jouer je sais pas, au Japon, ah ok…» Alors que là, c’est des étoiles dans les yeux, ça embarque tout le monde, c’est une véritable chance.

Avec ces nouveaux musiciens de talent, nous avons une formation vraiment cool actuellement, tout le monde est boosté à mort ! Tu peux facilement entrer, au bout d’un moment, dans un mode de fonctionnement linéaire quand tout le monde travaille ensemble sans se poser de question, ça devient mécanique, et on a toujours besoin d’un coup de pied là-dedans. Et je trouve ça génial parce qu’on a sorti un nouveau clip là, puis un autre à venir et justement beaucoup de gens ont été sensible à ça «ah il se passe un truc là!» La nouvelle formation est pleine d’enthousiasme ! Quand t’as plus le feu sacré faut que tu t’arrêtes, pour moi en tout cas. Tu vois, je suis comme tout le monde j’ai des coups de mou… Sur les rotules, c’est parfois une vie de malade. Mais après, quand je suis dans une période de stand-by, je me dis putain, quand ça me manque à nouveau, laisses tomber, c’est quelque chose de vivifiant tu vois. Etre invité à aller jouer dans pleins de pays du monde, les gens ils écoutent ta musique, c’est une chance qu’on te paye un billet, pour aller dans un autre pays et jouer ta musique. Tu vois on est allé jouer en Europe , au Mexique au mois d’octobre à Mexico, à Guadalajara, Tijuana… On va jouer aux États -Unis… c’est super cool !

OF : Justement j’allais en parler, alors si je commence par les tournées internationales, il y en a pas mal de prévues, alors tu as dis États Unis, Mexique..

Ced : Ouais alors cette année on a eu des trucs mortels on a eu le Mexique. L’année prochaine, je suis en train de bosser sur l’Amérique Latine, parce que j’ai pas mal d’offres. Il y a en préparation pour le prochain albums quelques titres en espagnol dont une reprise d’ Eskorbuto par exemple et ça nous ouvre les portes de la communauté de l’Amérique Latine, des espagnols. C’est pas pour me déplaire parce que j’adore ce public donc l’année prochaine on va sûrement aussi faire l’Asie, refaire à nouveau l’Europe et puis je pense quelques pays d’Amérique Latine, mais tout ça, ça va se poser. En général après une tournée on fait un petit break, on prépare un album surtout, c’est le plus important, qu’on espère sortir pour rentrée 2019

©BM

OF : Tu parlais du clip. Il y a eu des nouveaux masques. Sur scène ce sera pareil, est-ce que ce sera une nouvelle mise en scène?

Ced: Non en fait c’était un délire pour le clip, il faut savoir que c’est vachement compliqué de jouer sous des masques, enfin des vrais masques. J’avais un masque de silicone en plus pour le clip LET THERE BE GORE ! Je pense pas que je pourrais tenir plus de 4-5 morceaux sur scène mais non non c’était pour le délire, en fait c’était un clin d’œil pour les films des années 80 avec les icônes horrifiques comme Freddy, Leatherface mais aussi un groupe qui a marqué pas mal Banane Métalik, c’est AC DC, enfin tu vois c’est incontournable, donc l’idée c’était de faire « let’s there be gore » , une version gore’n’roll de « let’s there be rock ». Ce clip, c’est presque la définition du Gore & Roll, le Rock & Roll avec un groupe phare qu’est AC DC et à côté de ça, des icônes des films horrifiques des années 80, c’est presque les mêmes périodes en plus, d’où la cassette VHS au début en clin d’œil. Et là je vais annoncer une exclu c’est que notre morceau mystère qu’on va révéler pour les gens qui nous ont aidé au Crowdfunding. On a vraiment enregistré l’original de « let’s there be rock », d’AC DC et qui se transforme en « let’s there be gore » à la fin. On a aussi fait un clip de LET THERE BE ROCK aux USA et il y a un autre morceau « In gore ‘n’roll we trust », et puis ce que l’on prépare. Voila beaucoup de choses.

OF : Dernière petite question, c’est sur les projets futurs , on a déjà parlé des tournées, de l’album, mais il y a aussi l’artbook, …

Ced : Alors l’artbook qui doit sortir début janvier 2019 avec l’EP j’ai eu énormément de galères pour terminer parce que c’est quand même un livre de 180 pages, avec les crédits sur des années et des années, bref beaucoup de taf !

OF : C’est lié au Crowdfunding ça ?

Ced : Oui voila, le livre et le CD sortent début 2019 et notre priorité absolue c’est de sortir l’album et de faire quelques tournées, enfin de poser une tournée à un moment précis, je pense que ça va reprendre au printemps un truc du genre au mois de mai . D’ailleurs j’ai reçu une proposition pour aller jouer au Wav Gothik festival , faut savoir que c’est un de mes festivals préférés, c’est le plus gros festival gothique au monde, suis fan des CURE du début, là il y a du deathrock, du punk rock , du gothic, etc c’est énorme, c’est à Leipzig, c’est vraiment un festival hallucinant. Je pense qu’on va faire des dates à l’étranger, la Russie, USA, Chili, on nous a aussi rebranché pour le Canada, faut qu’on organise ça. Mais la priorité c’est vraiment de finir l’album, donc je pense qu’on va finir l’enregistrement début 2019 pour le sortir sur l’année prochaine et puis tourner sur l’album.

OF: Bon courage pour tous les projets et merci pour l’interview.

Ced : Bah merci à toi mec.

The following two tabs change content below.