Une belle réussite pour la Flume enchantée

Ce mois de septembre marque la rentrée des classes, la fin des vacances, mais aussi le festival «La Flume Enchantée», un festival qui a déjà vu pas mal de groupes de qualité être accueillis. Que ce soit Boulevard des Airs, La Rue Ketanou, Sinsemilia, As de Trèfle et beaucoup d’autres encore.  Situé à Gévezé près de Rennes, notre arrivée est justement retardée par la circulation autour de Rennes (Toujours un bonheur de passer sur cet axe) qui nous fait perdre une bonne heure. C’est pas trop grave, au vue de la programmation excellente de cette année, on prend notre mal en patience. Ce retard nous fera tout de même louper Faygo, mais pas de panique, ils sont programmés au Titour Festival le  20  Octobre, il y aura moyen de les voir.

Du coup, je commence ma soirée avec quasiment un collectif qui se présente à nous. Créé en 2003, Mon Côté Punk est en pleine tournée, très fournie d’ailleurs, surfant sur la vague du dernier album «Picaflor». Alors, même si le nom peut prêter à confusion, ce n’est pas du punk mais plus une musique sans frontières, avec de multiples influences et s’intégrant parfaitement dans une soirée à la tendance plus Reggae. L’écriture est teintée de voyages, Afrique, Europe de l’est, Amérique du sud et bien d’autres encore. D’ailleurs, le dernier album dont je vous parlais trouve son origine avec une tournée en Colombie et est composé de morceaux invitant à la danse et à la fête. « Le long des chemins », « Les meilleurs », « Barranquilla », « Lilijana » sont autant de belles cartes postales que Mon côté punk nous présentent. Sans oublier les souvenirs des anciens albums, avec la chanson «mon côté punk» (Assez rock pour le coup). Encore une belle prestation du groupe qui nous a vraiment régalé ce soir. Mais ce voyage doit bien s’arrêter et on repart dans la salle de Gévezé pour la suite de la soirée.

©Margaux Perrard

Et quel suite, le gros coup du festival au niveau de la programmation est prêt à commencer. L’instrumental débute, la voix de Naâman se fait entendre sans qu’il soit sur scène puis il arrive enfin devant une foule totalement conquise à sa cause. Avec un mélange atypique de reggae et de hip hop, Naâman a su se détacher du reggae originel tout en y restant fermement accroché. Ses chansons nous parlent d’amour, d’épanouissement personnel et c’est ce qu’on a besoin d’entendre. On a résisté contre la société avec « Resistance », dansé avec « Skanking Shoes », on a enfin réussi a chanter avec lui sur « Own Yourself », et fait tourner nos pulls (ou autres) avec le « Scoopomètre ».Cette fois-ci, au festival de la Flume Enchantée, Naâman était là avec ses deux bras pour nous faire danser (contrairement à son concert au Liberté à Rennes où il était un peu plâtré). Ça a permis une débauche d’énergie incroyable, Naâman étant bien décidé à danser follement avec son public. Un petit clin d’oeil à la Bretagne Avec Le Gwen ha du sur scène, pas de doute Naâman et ses musiciens savent y faire pour faire chavirer le cœur des Bretons. Le temps de prendre un peu l’air après une ambiance aussi folle et ça me donne l’occasion d’aller voir ce qui se passe dehors. En termes de stands de nourritures, c’est plutôt bien fourni (et de boisson bien sûr, faut-il le préciser).

Mais ce qui m’intéresse le  plus c’est le perchoir installé à ce niveau là, avec la Reims’rie qui s’y produit. Cela change un peu de Naâman avec un style house, techno (diversifié), de l’acid, et un peu de hard-techno, hardcore. La Reims’rie a été présente tout le week-end entre les groupes, mais aussi pendant et distille chacun des styles suivant l’heure de passage. Alors, tout le week-end ça peut être compliqué, mais pas trop de souci pour eux, ils sont plutôt nombreux (J’en ai vu au moins 6) et divisent les horaires de passage suivant les personnes du groupe présentes. Pour avoir parlé avec eux, c’est un groupe plein de talents et  très sympa, si vous avez l’occas’ de discuter avec eux, n’hésitez pas!!! (Bon, celui qui me donnait 32 ans, il est moins sympa mais ça passe quand même).

Après cette pause en plein air dans la fraîcheur de la nuit,  Vyryl va clôturer la première soirée. Pour la petite présentation, c’est un duo, un Homme et une Femme, originaire de Besançon, qui ont formé le groupe en 2012. Ils proposent un style défini en tant qu’acid house, aux accents électro rock. Pour que ça vous parlent un peu plus, ils proposent une musique aux  inspirations New wave, post Punk et héritées d’après la présentation du groupe “du coït entre Dave Gahan et Beth Dito.” Le mélange donne un style bien à eux, plutôt improbable, dans un univers hyper percutant.  Dotés d’une batterie, d’une machine électro, d’une voix, et une énergie folle, c’est avec un son intense qu’ils comptent vous faire taper du pied et vous laisser éveiller. Déjà passés par des festivals prestigieux tels que les Transmusicales ou encore le Printemps de Bourges, la prestation de Vyryl est réussi devant la petite foule amassée pour les acclamer. Un petit conseil par contre, ne laissez jamais ces 2 là faire la cuisine (Regardez le clip « Hunky dory », vous comprendrez). En tout cas, la aussi ce fut une belle rencontre avec un duo très abordable qui ne se prend pas la tête… et même un peu barré, tout ce qu’on aime. On s’arrêtera là-dessus pour ce soir. Le temps de rentrer à la voiture pour un sommeil bien mérité… Même si retrouver le parking était plus compliqué que prévu. Pourtant c’est pas très grand Gévezé, mais j’ai galéré pour trouver mon chemin. Après 20 bonnes minutes à tourner comme une âme errante sans rien reconnaître, un membre de la sécurité m’a indiqué. Merci à lui, je commençais à me résigner à trouver un petit coin à couvert pour passer la nuit.

La nuit fut courte  et le réveil se fait en douceur avec la lumière du soleil et une grosse chaleur dans la voiture… La grasse matinée sera pas pour aujourd’hui mais on est en festival, c’est pas fait pour ça. Après une après-midi hyper agréable avec beaucoup de chaleur et une petite visite du bourg (Charmant!!) l’impatience monte pour une soirée aux influences plus rock. D’ailleurs, je ne vous fait pas attendre plus longtemps, c’est parti. Bon je ne ferais pas de blague sur les Normands, ils sont déjà assez courageux pour venir jouer sur une scène entourée de Bretons ! On laisse le chauvinisme de côté et on va se bouger au tempo des années 60 devant le groupe (Normand, vous l’aurez deviné) Fiervilla. Une prestation rock blues aux allures d’Elvis Presley. Avec un look de premier de la classe, vous serez étonnés des rythmes entraînant qu’ils proposent. Attention genoux serrez, on se dandine ! Grâce  à la petite foule qui s’est amassée dans la chaleur de la salle en ce début de soirée, l’interaction entre le public et le groupe était au top, c’était à se demander si nous n’étions pas tombé dans une soirée privée !

©Margaux Perrard

A notre plus grand plaisir, c’est au tour de Merzhin de monter sur scène. Le groupe de rock celtique/folk  composé de 6 musiciens où l’on peut retrouver : guitares, basse, chant, batterie, et le dernier musicien qui fait du synthé, saxo , bombarde, flûte… oui, quand même ! Ils tournent depuis plus de 20 ans  et à chaque live, c’est «go on circus» avec eux. Bien sur, il y a les immanquables du groupe comme « Las Vegas parano » ou encore « Les nains de jardin »…  Rassurez vous, même s’ils vous font patienter, ils nous font le plaisir de les jouer lors du retour, en fin de concert. Sur scène, c’est une avalanche d’énergie, avec des sonorités musicales différentes à chaque chansons, grâce à la multitude d’instruments.  Rien à dire, la foule de la Flume est conquise, et bouge au rythme des chansons sans se faire prier. Le concert passe aussi par des moments plus calme, avec des chansons comme « Conscience », ou « La peau » qui donne envie aussi au public de se poser et écouter les propos tenus par le groupe. Ce fut encore un plaisir de les voir, surtout avec le prochain album « Nomade » prévu pour le mois d’octobre. Il y a moyen de pouvoir se faire plaisir assez rapidement.  La suite du festival ne nous fera pas voyager trop loin du côté celtique déjà bien amorcé par Merzhin en tout cas.

Et en voyant la foule présente devant Soldat Louis ce soir, il faut l’avouer, le groupe est trèèèèès attendu! (En même temps, c’est la tête d’affiche du Samedi). Ce groupe mythique de rock celtique qui tourne depuis 1988 envoie toujours autant d’énergie pour son public. Et avec le groupe, c’est toujours «tout le monde à bord» pour profiter d’histoires de marins, écumant les 7 mers.  Surtout que cette soirée là était assez spécial étant donné qu’il s’agissait de l’anniversaire d’un  guitariste du groupe, au vue de l’ambiance, fêter son anniversaire à la Flume enchantée, c’est plutôt pas mal!!! Et pour le plaisir des petits comme des grands, ils reprennent la plupart des classiques, On passe par « Martiniquaise », « Encore un rhum », « Survivre en ennemi », « Juste une gigue en do »…  Tout en nous faisant découvrir les chansons du dernier album « Quelques nouvelles du front » avec le titre 30 ans déjà.  Si vous en avez l’occasion, poser vous sur les côtés de la salle et regardez le public, se balancer ensemble , chanter les chansons qu’ils connaissent toutes par cœur, c’est un très bon moment, une osmose entre le groupe et son public… Bon après, je te connais, tu n’auras pas la patience de te poser… va-dont danser!!!

©Margaux Perrard

Et pour finir la soirée en beauté, on retrouve nos enragés de Tagada Jones (dont les 25 ans ont été annoncés avec une programmation magnifique !!!) Après avoir interrogé les musiciens sur le style dans lequel ils évoluent, ils se sont décidés à dire qu’il s’agissait d’un punk métal, vous devrez vous en satisfaire ! Toujours en tournée (Notamment au Japon actuellement) pour l’album « la peste et le cholera » dont la chanson qui en porte le nom n’a pas manqué à l’appel ce soir, ils développent un show toujours plus incroyable que les précédents. Parcourant des sujets d’actualité (politique, terrorisme, violence contre les femmes etc.), les Tagada font preuve d’un grand humanisme, et rendent hommage à toutes ces personnes qui ont subi des violences, dénonçant les injustices qui stagnent autour de nous au quotidien. Vous écouterez leur paroles poignantes, et vous ne pourrez plus après ça, vous empêcher de les chanter avec eux les poings fermés. Personnellement je ne peux pas m’en empêcher même si je chante faux (personne m’entend dans la foule hé hé). C’est sûrement le style le plus rentre dedans du week-end, ce qui explique qu’une partie du public a disparu, mais ceux qui sont restés ont pu profiter d’un live avec une ambiance génial, pour une prestation toujours aussi folle.Encore un très bon moment, quasiment à domicile pour les Tagada Jones.

Alors que dire de ce festival. Une ambiance génial, un public diversifié réunissant jeunes, moins jeunes, et des familles, une programmation permettant la rencontre de divers univers, des groupes qui ont tout donné… et une équipe de bénévole et de sécurité vraiment géniale!!! J’avoue que de base, c’est rare que je ne sois pas content de mes soirées en festival, mais La flume enchantée à été le genre de festival  hyper dur à quitter le dimanche quand tu sais que la semaine va reprendre et que tu auras les courbatures  (Bah oui, j’ai bougé devant Tagada quand même) et des souvenirs pleins la tête tout en te disant que c’est fini. En tout cas, je vous le conseille à fond, et personnellement, j’attends de voir la prog 2019 avec impatience!!

 

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