Un fest’hiver désarçonnant

Le samedi 10 mars à 17h45, quand de nombreux Français se rangeaient en cohortes de supporters, une pinte de Guinness à la main pour suivre le match de Rugby France-Angleterre se soldant par une victoire face à nos adversaires de toujours, je prenais la route pour aller au fest’hiver des arts sonnés. Bon, c’est vrai que pour le coup, je me suis dis que ça avait intérêt à envoyer du lourd pour surpasser le plaisir de battre les anglais (ça arrive rarement, faut en profiter !!). Mais je ne m’inquiète pas, l’association A.S.A.D.E est une organisation qui sait y faire, notamment pour les éditions estivales. On y retrouve autant des programmations intéressantes, qu’un cadre génial avec un étang à côté pour se prélasser le samedi après-midi, que des moments bien sympas. On peut faire une petite dédicace au concert des Ramoneurs de menhir au festival de 2015 pendant lequel il y a eu un open bar le temps du live. L’édition d’hiver quant à elle, avec des températures super agréables d’ailleurs, ne se laissent pas faire et j’aborderai la programmation groupe par groupe pour plus de suspense.

Le temps d’arriver, le premier groupe a déjà bien mis l’ambiance dans une atmosphère de fest-noz. En effet, Le duo Bouffort/Pénard, avec des rythmes traditionnels bretons ou irlandais a emporté la foule dans des danses caractéristiques de la culture Bretonne et celtique. En cercle, en ligne, en duo …tous ceux qui osent se lancer prennent part à l’ambiance. La formule est simple, un accordéon, une bombarde, du chant, et le duo pose les bases d’une soirée conviviale. Bouffort/Pénard tourne depuis six bonnes années et savent y faire pour emporter la foule dans des rondes incessantes.

Fredo au fest hiver des arts sonnés
Crédit photo : Idéclic, ASADE

Un petit temps de pause pour aller prendre un petit verre, pendant qu’ une voix bien reconnaissable appelle la foule à se rapprocher. Fredo, qui n’est pas en compagnie des ogres de Barback, ce soir « Chante Renaud et plus si affinité ». On laisse donc le quatuor des ogres et leurs univers musicaux riches portés par une vingtaine d’instruments pour quatre, à un style plus intimiste de Fredo, débutant avec pour accompagnement principale, sa guitare et son accordéon. Les reprises de Renaud nous permettent pour certaines de chanter des grands classiques, pour d’autres de découvrir cet artiste complet. Bien sûr, certains ne sont pas fan de Renaud, mais ne vous inquiétez pas, ils nous réservent bien plus ! J’évoquais les Ogres, c’est parti pour « Vous m’emmerdez » (Rassure toi, c’est le titre de la chanson !). Mais bien sûr t’en veux plus encore, et bien c’est parti pour des classiques, tel que « la bohème » ou encore « la javanaise »

. Pour agrémenter le tout, il n’est pas venu seul et la fanfare Eyo’nle vient l’accompagner, avec une batterie de cuivre apportant énormément de force aux chansons. Déjà habitués à des projets ensemble, notamment sur la tournée des 20 ans des Ogres, le mélange est prenant, avec l’apport de cette fanfare énergique et festive, d’origine béninoise.

On arrive à la moitié de la soirée, et il y a encore du lourd à venir : Tryo sans Christophe Mali + la rue kétanou sans Mourad et ça vous donne le prochain plateau. Un regroupement exceptionnel, avec en surprise (teasé par le festival sur les réseaux sociaux) Gari des MassiliaSound system. Un tel rassemblement nous fait penser à une nouvelle version du Collectif 13, et c’est sans étonnement que « la marquise » est interprétée. Tel des « cigales dans la fourmilière », ce bel ensemble nous a régalé de grands classiques connus de tous avec « l’hymne de nos campagnes », « yakamonéyé », « les hommes que j’aime », « tu parles trop « mais encore des plus récentes telles que « Sauvage » ou « Watson » notamment. Au-delà de la musique, c’est un vrai moment de convivialité qui fut partagé avec le public et la scène. Les artistes n’hésitent pas à communiquer avec la foule, se lancer des blagues entre eux (A noter le grand professionnalisme de Manu qui dut s’accorder sous le bruit des applaudissements du public provoqué par Guizmo histoire de lui compliquer la tâche.).L’ensemble du concert a été énormément de partage, d’humour, créant une véritable osmose avec les 1500 spectateurs présents et emmenés sur « le chemin de la bohème ».

Crédit photo : Idéclic, ASADE

Pour clôturer la soirée, rien de mieux qu’un groupe qui fasse sauter partout, et justement, les infatigables Monty Picon s’installent. On change de style avec un univers plus rentre dedans, nous rappelant les blousons noirs avec une bonne tendance punk tout en ayant des allures de fanfares. Les neufs musiciens distillent leur rock désalternatif sur n’importe que terrain du pavé au plancher en passant par le gazon, ils se dévoilent autant dans la rue, en festival de plein air, en salle. Et pour se présenter, rien de mieux qu’une chanson instrumentale ou chacun arrive tour à tour. D’abord le banjo seul puis et je ne suis pas sûr de l’ordre mais je tente… les deux trompettistes, les deux trombones, la basse et la guitare, et les deux batteurs avec du matériel portatif (Je sais pas comment le décrire autrement, vous saurez de quoi je parle quand vous les verrez). Une entame pour rentrer dans le vif du sujet, et c’est parti pour « jesus is bullsh*t », « keep the distance », « le chant des oiseaux morts » …Bon ne vous arrêtez surtout pas au titre, rien de mieux que les MontyPicon pour une ambiance de folie sur des rythmes festifs portés par un rock cuivré explosif et un jeu de scène hyper maitrisé grâce à la cohésion de tous ses membres. On aura pu aussi profiter de la chanson « putain de jour meilleur », enregistrée en feat avec Mourad, et jouée sans lui, tout en découvrant un nouveau feat avec guizmo. Le public, un peu moins nombreux que le précédent concert mais toujours à fond, a su profiter au mieux de la conclusion de cette superbe soirée.

Crédit photo : Idéclic, ASADE

Dans des styles différents, chaque groupe a su faire vibrer les 1500 festivaliers de ce soir, sachant qu’une programmation pareille aurait pu apporter beaucoup plus de public (à la vue du complet annoncé bien avant la soirée). En attendant la programmation du festival des arts sonnés de septembre, l’association A.S.A.D.E nous a prouvé avec cette soirée que 2018 sera une grosse année.

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